CFTC Paris | Une « traçabilité sociale » pour développer le travail décent
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Une « traçabilité sociale » pour développer le travail décent

Une « traçabilité sociale » pour développer le travail décent

Des contrôles indépendants

La crédibilité d’un label suppose en effet que des contrôles indépendants puissent vérifier l’effectivité du respect des engagements des entreprises. « Faute de législation internationale contraignante ou de corps mondial d’inspecteurs du travail, il n’y a pas de véritables moyens de le vérifier, déplore Fanny Gallois, de Peuples solidaires. Sous la pression des ONG, beaucoup d’entreprises ont établi des codes de bonne conduite et font réaliser des audits. Mais, dans 90 % des cas, ils sont inefficaces. Disney en a réalisé des milliers en Chine. Il s’est avéré que les gens étaient formés à l’avance pour bien répondre aux questions de l’auditeur. Beaucoup se servent de ces outils pour afficher une image vertueuse. »

La montée de la « responsabilité sociale des entreprises » au niveau international ouvre cependant des perspectives d’évolution. « Le principal problème demeure les pratiques d’achat, c’est-à-dire la façon dont les entreprises passent des contrats avec leurs fournisseurs pour avoir les prix les plus bas, sans se soucier des conditions de travail », dit Fanny Gallois. Elle estime que l’initiative de la CFTC « est une bonne chose. Un label ne peut fonctionner que s’il s’agit d’une initiative multipartite avec des représentants de la société civile, des syndicats, des entreprises, des autorités publiques. »

En Belgique, également, une Coalition pour le travail décent estime qu’un salaire minimum vital doit permettre au travailleur de couvrir les besoins essentiels de sa famille : l’alimentation, le logement, l’habillement, la garde des enfants, l’éducation, la santé, le transport et l’énergie. La coalition belge constate que les rémunérations habituellement pratiquées dans l’industrie de la confection textile ne permettent pas aux travailleurs de nourrir ni de loger décemment leurs familles. Aujourd’hui, une coalition d’organisations de défense des droits des travailleurs a créé l’Asia Floor Wage (le salaire de base asiatique), une manière simple de calculer un salaire décent, sur une base identique pour tous les travailleurs de l’habillement en Asie.

Aude Carasco – Article paru dans La Croix du 06.10.2009