CFTC Paris | 1er mai, quelle est l’origine de cette fête du travail ?
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1er mai, quelle est l’origine de cette fête du travail ?

1er mai, quelle est l’origine de cette fête du travail ?

Chicago, samedi 1er mai 1886, début d’une grève suivie par des centaines de milliers d’ouvriers paralysant de nombreuses usines. La revendication : la journée de travail de 8 heures (le 1er mai est le « morning day », jour où les entreprises américaines calculent leur année comptable).

Le 4 mai, lors d’une manifestation, des anarchistes jettent une bombe sur des policiers qui ripostent. Bilan : 10 morts dont 7 policiers.

Les syndicats américains obtiendront la journée de 8 heures dès 1886.

En France, cette revendication est portée par des sociaux chrétiens comme Albert de Mun et des socialistes comme Jules Guesde à la tête du parti Ouvrier Français.

Le 1er mai 1891, à Fourmies dans le nord de la France, une manifestation est organisée pour réclamer la journée de 8 heures.

Un programme est diffusé, prévoyant à 10h le dépôt des revendications à la Mairie, à 11h un pique-nique familial au café du Cygne.

A 2h, matinée théâtrale et de chants.

A 8h, bal au « Cygne ». « La permission de minuit est demandée » est-il précisé.

Enfin : « Le plus grand calme est recommandé, pas de tumulte, pas de récriminations personnelles ».

Malgré cela dès 5h du matin, des échauffourées ont lieu à l’entrée des usines, 4 manifestants sont arrêtés par les gendarmes.

Le slogan « c’est les 8h qu’il nous faut » est remplacé par « c’est nos frères qu’il nous faut ».

A 15h30, des renforts du 145è régiment d’infanterie arrivent à Fourmies. Ils sont accueillis sans hostilité, d’autant plus que parmi eux se trouve un certain nombre de conscrits du pays.

En début d’après-midi, les gendarmes à cheval dispersent les manifestants rassemblés devant la Mairie et procèdent à de nouvelles arrestations.

Au même moment, des gendarmes se font chahuter puis bousculer et insulter avant de subir des jets de pierres.

A 18h15, les manifestants font face aux soldats, les cailloux volent, le commandant fait tirer en l’air. Rien n’y fait, la foule se presse contre les soldats. L’ordre de tirer est donné.

D’après les témoignages de l’époque, l’abbé Margerin, curé de la ville, sortit de l’église crucifix à la main, bravant les balles pour ordonner aux soldats un cessez le feu.

Les tirs cessèrent, trop tard ! 9 morts, dont le plus jeune avait 11 ans, baignaient dans leur sang sur le sol de Fourmies.

A la chambre, le 8 mai, Georges Clemenceau rend hommage aux victimes « Il y a quelque part sur le pavé de Fourmies, une tâche innocente qu’il faut laver à tout prix… Prenez garde ! Les morts sont des grands convertisseurs, il faut s’occuper des morts ».

Il plaide pour l’amnistie des ouvriers arrêtés et interpelle le chef du gouvernement : « Vous avez refusé l’enquête [] il me semble que la conséquence nécessaire du refus de l’enquête, c’était la proclamation de l’amnistie ».

Clemenceau ne votera pas contre le gouvernement, la proposition d’amnistie est rejetée par 294 députés contre 191.

Aujourd’hui, comme hier, attention à l’indifférence aux injustices sociales et aux porteurs de violence d’où qu’ils viennent.

Le tragique épisode de Fourmies stimula l’anti parlementarisme et le rejet d’une : « République qui fait tirer sur ses enfants ».

Joseph THOUVENEL