CFTC Paris | Enseignants, sectarisme pas mort.
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Enseignants, sectarisme pas mort.

Enseignants, sectarisme pas mort.


Chronique de J. THOUVENEL du 04.10.2011 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Pour la première fois depuis la libération les enseignants du privé et du public manifestaient ensemble.

 

La raison de la grogne, les suppressions de postes : 14.000 prévus au projet de budget 2012, s’ajoutant aux 66.000 postes déjà supprimés entre 2007 et 2011.

 

Privé, public, tous unis dans l’adversité, enseignants, personnels de l’éducation, parents, élus, syndicalistes « gommons nos différences, tous dans la rue pour que nos chères têtes blondes ou brunes bénéficient d’un enseignement de qualité ! ».

 

Telle, du moins, était l’affiche officielle.

 

La réalité fut malheureusement différente.

 

A Paris, par exemple, le carré de tête était exclusivement composé de syndicalistes du public. Les enseignants du privé étant relégués vers la fin du cortège.

 

Tant mieux pour eux ! Cela leur aura évité d’entendre les slogans du type « une seule école, l’école publique – une seule éducation, l’éducation nationale ».

 

Comme à l’occasion de toute journée revendicative, des politiques sont venus apporter leur soutien aux manifestants.

 

Si, comme le scandaient certains, la République est une, l’école doit l’être aussi ! L’accueil aux candidates aux plus hautes fonctions de l’Etat fut, lui, particulièrement pluriel.

 

Jugez-en !

 

Martine AUBRY, qui restera bien 10 bonnes minutes sur le pavé parisien à serrer des mains, faire des bises et prendre la pause pour les photos souvenirs, fut saluée, comme il se doit, par les leaders syndicaux de l’enseignement public.

 

Christine BOUTIN, elle, eut droit à être repoussée manu militari contre des barrières métalliques par quelques gros bras du service d’ordre de l’école républicaine, sans que cela n’émeuve une minute les responsables présents.

 

J’en tire deux conclusions.

 

La première est le manque de sens politique de nos syndicats de gauche. Communiquer sur le thème « Voyez comme notre combat est important, non partisan et transcende les clivages. La preuve, nous recevons le soutien d’une figure de la droite, ancienne ministre de Monsieur SARKOZY » aurai eu l’avantage, si ce n’est de convaincre, du moins d’interpeler une partie de nos concitoyens habituellement rétifs aux grèves et manifs.

 

La seconde, c’est que le sectarisme n’est pas mort, la preuve, il défile encore.

 

Que penser de ces enseignants qui usent de violence pour interdire à une femme politique, une démarche politique ?

 

Quelle pratique ont-ils dans leur classe ? Sont-ils capables de comprendre que les enfants et les adolescents, qui leur sont confiés, ne sont ni de gauche, ni de droite, mais l’avenir de notre nation ?

 

Quel message, font passer ces professeurs qui arborent fièrement le portrait de Che Guevara, ce doux humaniste qui abattait ses prisonniers d’une balle dans la nuque ?

S’ils l’ignorent, ce sont des cancres !

S’ils le savent, c’est pire encore.

 

Oui, vraiment, l’éducation de nos enfants est en danger et pas uniquement en raison des suppressions de postes.

 

A la semaine prochaine !