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EUROPE : La Femme Naïve de la Mondialisation

EUROPE : La Femme Naïve de la Mondialisation

Chronique de J. THOUVENEL du 16.10.2012 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

La semaine dernière j’évoquais la naïveté dont notre pays et l’Union Européenne faisaient preuve dans la véritable guerre économique qui se livre sur notre planète.
Je n’ai pas eu le temps d’aborder un des dossiers où nous avons sans doute la palme de l’ingénuité :la politique de la concurrence.
Au sein de l’Union Européenne, les acquisitions et fusions d’entreprises font l’objet d’autorisations préalables, difficiles à obtenir.
Des fonctionnaires tatillons, vont scrupuleusement veiller à ce que nulle entreprise européenne n’ait de position dominante ou d’aide gouvernementale, même la plus modeste.
Cachez cet EDF-GDF que je ne saurai voir !
Démantelez cette alliance du gaz et de l’électricité qui, de la Commission, irrite les ayatollahs de la libre concurrence !
Avec, pour conséquence, l’impossibilité de développer des entreprises en capacité de lutter à armes égales avec des mastodontes comme le russe Gaz Prom.
Quant à notre marché intérieur, il est ouvert sans contrôle aux acteurs étrangers, qui peuvent tranquillement faire sur notre territoire les emplettes que nous ne pouvons pas effectuer chez eux.
Dans l’Union les aides publiques font l’objet d’une stricte prohibition. Cette interdiction est mise en œuvre avec la plus grande détermination.

Au contraire un grand nombre de nos concurrents aident massivement leurs entreprises par tous moyens publics, y compris de façon  opaque par des banques sous contrôle étatique ou par le biais de fonds souverains.
Pour celles-ci, le coût du capital est nul, c’est un avantage comparatif décisif que les entreprises européennes ne peuvent espérer obtenir.

Les aides ou appuis directs de l’Etat permettent à la Chine en particulier de s’approprier, sur d’autres  continents l’accès aux matières premières, et spécialement aux ressources rares, avec les moyens dont les acteurs européens se privent.
Il est urgent que les Européens se mobilisent pour établir une réglementation concernant les investissements directs au sein de l’union, afin que nos entreprises ou secteurs stratégiques ne puissent passer sous contrôle étranger et ce à l’image de ce que pratiquent tous nos concurrents.

A défaut, nous ferons partie des pays à l’économie plongeante.

Deux derniers exemples si vous n’êtes pas convaincus :

Les normes environnementales en vigueur, à juste titre, dans notre  pays et dans l’Union  font peser des charges sur nos industries que ne supporte pas la concurrence internationale.
Cette distorsion de concurrence qui met nos emplois et la planète en danger, doit être prise en  compte dans les règles du commerce mondial.
Enfin, le respect des normes sociales fondamentales comme l’interdiction du travail forcé et du travail des enfants, doivent être scrupuleusement respectés.

La traçabilité sociale défendue par la CFTC permettra de progresser efficacement en ce sens.

A la semaine prochaine.