CFTC Paris | Guerres de tranchées syndicales
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Guerres de tranchées syndicales

Guerres de tranchées syndicales

Chez les fonctionnaires, tout le monde ou presque a gagné… Dans la fonction publique d’Etat, où la participation électorale n’a été que de 53 %, Force ouvrière, avec 16,61 %, a ravi la première place à la FSU (15,84 %) qui distance la CGT (15,82 %) de 33 voix… Au Conseil supérieur de la fonction publique de l’Etat, la CFTC n’est plus représentative mais bénéficie d’un siège supplémentaire « jusqu’au prochain renouvellement »… Dans la fonction publique hospitalière, la CGT (33,6 %) reste en tête et progresse de deux points devant la CFDT (24,4 %) et FO (22,8 %). Et en agrégeant les résultats des trois fonctions publiques, la CGT revendique la première place, avec 25,43 % (+ 2 points) et la CFDT la deuxième. Tout le monde est donc satisfait.

Alors que les élections prud’homales qui devaient avoir lieu en décembre 2013 ont été reportées « pour deux ans au plus », une autre primaire syndicale sera organisée le 15 décembre 2012 pour les entreprises de moins de onze salariés. Les salariés de ces très petites entreprises (TPE) devront désormais désigner tous les quatre ans leurs représentants au niveau régional dans des commissions paritaires professionnelles ou interprofessionnelles. Ils voteront, par voie électronique ou par correspondance, pour des « sigles » syndicaux et non pour des listes. Une primaire à multiples inconnues dans des TPE où les élections sont une terra incognita.

Du côté du patronat, le paysage bouge aussi. Jusqu’à présent, le Medef, en position largement dominante, bénéficie d’une sorte de présomption irréfragable de représentativité. Seules la GPME et l’Union professionnelle artisanale (UPA) se voient aussi reconnaître ce droit qui leur permet de négocier au niveau national. D’abord réticente à toute remise en cause de cette représentativité, réclamée à cor et à cri par les syndicats, Laurence Parisot, la présidente du Medef, semble plus ouverte au débat.

Le 30 novembre, la CGPME, en guerre ouverte avec le Medef, et l’Union de syndicats et groupements d’employeurs représentatifs dans l’économie sociale (Usgeres) – qui avait obtenu 19,05 % des voix (+7,7 points) aux prud’homales de 2008 quand la liste commune du Medef et de la CGPME perdait 7,9 points – ont réclamé une mesure de la représentativité patronale interprofessionnelle,« applicable dès 2013″. Les deux organisations sont éloignées, même si elles disentdéfendre « la dimension humaine, responsable et éthique de l’entreprise ».

Mais elles demandent ensemble une réforme qui prendrait « notamment en considération l’audience mesurée lors d’une élection nationale sur sigle auprès des employeurs afin de laisser la liberté à ces derniers de choisir l’organisation dont ils se sentent le plus proche ». François Hollande s’est déclaré favorable au « principe d’une refonte des critères » de la représentativité patronale. De ces guerres de tranchées peut émerger une nouvelle démocratie sociale.

 par Michel Noblecourt, éditorialiste