CFTC Paris | Intérêt pour le monde ouvrier ?
2665
post-template-default,single,single-post,postid-2665,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

Intérêt pour le monde ouvrier ?

Intérêt pour le monde ouvrier ?

Joseph THOUVENEL a découvert récemment une organisation française s’intéressant au monde ouvrier. Il nous fait part de ses impressions et de sa surprise.

Chronique de J. THOUVENEL du 03.11.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

compendium.jpgEffectivement, je participais, il y a quelques jours, à un séminaire organisé par le Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens.

Ce fut l’occasion pour la branche française de l’ACO –  Action Catholique Ouvrière – de se présenter.

Cette association déclare s’inscrire dans l’histoire du mouvement ouvrier, de l’église de France et plus particulièrement, du peuple de Dieu.

Le 16 mars 1950, l’assemblée des cardinaux et archevêques de France a entériné la création de l’ACO comme mouvement de l’église, ce qu'elle est toujours aujourd’hui.

Je fus donc assez surpris d’entendre un de ses responsables parler de l’engagement de ses membres au sein des 3 organisations syndicales : CGT – CFDT et CGT-FO, et de l’adhésion d’un certain nombre de ses adhérents à 3 partis politiques : le parti socialiste, le parti communiste et le front de gauche, aucun autre mouvement n’étant mentionné.

Le diaporama agrémentant cette présentation, confirmant par l’image les choix idéologiques exprimés par l’orateur.

Choix respectables, mais à mon sens quelque peu orientés, voire limités au niveau de la pluralité des opinions, le tout sous l’égide de l’église de France.

Parcourant sur le site de l’ACO « les dates qui jalonnent son histoire », j’y apprends que « l’humanisme du monde ouvrier s’élabore dans un combat imposé : pour la vie, pour la dignité, la justice, la fraternité et qu’aujourd’hui l’église reconnaît ces valeurs d’humanisme ».

Naïvement, je pensais que « l’humanisme du monde ouvrier » était d’abord lié à celui des hommes et des femmes qui le composent et que celui-ci ne s’oppose nullement à celui de l’ensemble des travailleurs quel que soit leur statut et leur fonction, y compris ceux qui ont la responsabilité de diriger une entreprise ;

Que cet humanisme était celui « intégral et solidaire » dont parle le compendium de la doctrine sociale de l’église et qu’il ne se découpait ni en tranches, ni en catégories, mais qu’il s’adressait à l’humanité toute entière, l’appelant à une prise commune de responsabilité.

Dirigeant de la CFTC, Confédération Française des travailleurs chrétiens, syndicat laïc, indépendant de l’autorité de l’église mais qui « se réclame et s’inspire dans son action des principes de la morale sociale chrétienne », j’ai un peu de mal à comprendre que dans un document d’un mouvement d’église, on puisse écrire « qu’aujourd’hui, l’église reconnaît les valeurs d’humanisme du monde ouvrier ».
Comme si l’encyclique RERUM NOVARUM, publié en 1891 n’avait pas existé, ou que Saint Thomas d’Aquin au 13ème siècle n’avait pas posé le principe du juste salaire, sans parler des évangiles…

L’ACO affirme que la coupure du monde ouvrier avec l’église demeure le scandale de notre époque.

Je ne suis pas sûr que le monde ouvrier se retrouve dans les partis pris de l’ACO, ni même d’ailleurs que l’église soit tant coupée des travailleurs et de leurs préoccupations.

Ce dont je suis certain, par contre, c’est que les orientations de ce mouvement d’église ont surpris et peiné le croyant que je suis.

A la semaine prochaine.