CFTC Paris | interwiew de Franck DON, DSC PCA
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interwiew de Franck DON, DSC PCA

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Pour le site de Melun (Seine-et-Marne), la CFTC a obtenu satisfaction ?
Effectivement, grâce à la pression syndicale et en particulier celle de la CFTC, la direction n’a pas souhaité rentrer dans un classique plan social mais a préféré prolonger le Plan de redéploiement des emplois et des compétences (PREC) en privilégiant l’accompagnement individuel.
 
Certains salariés vont-ils devoir changer d’établissement ?
Certains salariés vont devoir changer d’établissement mais à l’instant T, on ne connaît ni les directions concernées, ni les postes, ni les corps de métiers.
Nous attendons avec impatience le CCE du 15 décembre pour avoir un état des lieux et pour connaître les mouvements de personnes qui seront engagés.
Entre deux choix, plan social avec départ à la case pôle emploi et mobilité à l’intérieur du groupe PSA (même si ce n’est pas la panacée : chacun a ses habitudes et souhaite travailler dans son environnement…) la deuxième option nous paraît la solution la plus sage et la moins mauvaise.
 
Jusqu’à présent, par expérience, nous savons que l’accompagnement existe et a fait ses preuves. On ne peut pas dire qu’il fonctionne bien à 100%, ce qui serait irréaliste, mais on veille à ce que cela se passe le mieux possible pour les salariés.
Les mobilités géographiques se font bien souvent dans une même région : il n’y a pas de mobilités géographiques lointaines systématiques.

Quelle est actuellement la situation économique du groupe PSA ?
Comparé à d’autres constructeurs automobiles, PSA a une des plus faibles marges opérationnelles. D’une manière générale, les résultats financiers ne sont pas à la hauteur de ce que peut espérer un grand groupe international. Pour autant, les salariés ont toujours les mêmes besoins de qualité de vie et aujourd’hui ils ne travaillent ni moins ni moins bien. Ils n’ont pas besoin que l’on rajoute de l’inquiétude à un climat qui est déjà morose.
 
L’avenir de la recherche & développement est-il compromis en France ?
Aujourd’hui le groupe PSA se veut international. Il cherche donc à se développer en dehors de nos frontières, et se lance dans la construction d’usines lointaines : en Chine, Argentine, Brésil…
Actuellement, en recherche & développement, il y a 15000 chercheurs en France. Il y en a également 400 à Shanghai, 1500 à Sao-Paulo… : ces derniers sont essentiellement des postes de chercheurs visant à adapter les produits aux marchés émergents. Nous allons suivre avec attention l’évolution de ces chiffres et vérifier que la direction n’envisage pas des « vases communicants » entre zones géographiques.
La politique de PSA consiste aujourd’hui à faire du Premium c’est-à-dire du petit véhicule positionné sur de la montée en gamme.
 
La création d’une mutuelle a été négociée récemment dans le groupe. Pour quelles raisons ?
Un accord a été trouvé pour la mise en place d’une prévention santé obligatoire avec participation de l’employeur. Il a été signé par quatre organisations syndicales : CFTC, CFDT, FO et CFE/CGC. Le contexte actuel a été déterminant : la Sécurité sociale va sans doute continuer à dérembourser de plus en plus.
On peut craindre qu’à l’avenir, le remboursement par la sécurité sociale se limite au remboursement d’affections de longue durée, le reste des soins reposant de plus en plus sur les mutuelles.
Dans ce cas, on s’est dit qu’il était important de construire un système de Sécurité sociale complémentaire qui n’existait pas auparavant.
Avec la même motivation que nos aïeux quand ils ont mis en place la sécurité sociale obligatoire pour tous les salariés, que la CGT a tant critiquée à l’époque, et qu’elle défend aujourd’hui becs et ongles !
Pour autant, nous regrettons que l’entreprise n’ait pas accepté notre proposition d’intégrer tout ou partie du montant de la cotisation dans le salaire de base, ce qui aurait permis de satisfaire la quasi-totalité des salariés pour lesquels nous sommes conscients que c’est un retrait supplémentaire sur la fiche de paie.
A ce sujet, un comité de pilotage sera créé pour suivre la mise en place de cette nouvelle mutuelle qui sera opérationnelle  au 1er juillet 2012.
 
Quels sont les autres sujets d’actualité dans le groupe ?
Nous attendons actuellement de pied ferme les propositions salariales de la direction dans le cadre des NAO.
 
 
La représentativité de la CFTC dans le groupe est-elle en bonne voie ?
Tous les établissements du groupe ont organisé leurs élections professionnelles conformément aux nouvelles règles de la loi de 2008. Aujourd’hui, la CFTC est représentative avec 11,7% des voix des salariés (65000 en France). Les premières élections pour le nouveau cycle débuteront en 2013. 

*En juin 2011, un syndicat avait diffusé une note interne du groupe d’août 2010 faisant état d’un projet de fermeture de l’usine PSA.

Propos recueillis par Véronique Lafon-Rémont

Attachée de presse de la fédération Métallurgie CFTC