CFTC Paris | Islamisme : responsabilité « des élites »
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Islamisme : responsabilité « des élites »

Islamisme : responsabilité « des élites »

Chronique de J. THOUVENEL du 24.11.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

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J’aurai voulu, cette semaine, écrire une chronique légère, ironique, sans doute un peu acide, mais en ce temps de deuil et de souffrance, ma plume n’a pas le goût de la gaudriole, mais celui de la colère, colère vis-à-vis des terroristes et de leurs commanditaires bien sûr, mais pas seulement.

Colère devant l’aveuglement, mâtiné de lâcheté des caciques qui nous gouvernent.

J’englobe, en vrac, au sein de cette catégorie de chefs emplumés, une bonne partie de la classe politique et la majorité du monde économique et médiatique.

Cela fait des décennies que la menace islamiste fermente, croit, enfle, tant que c’était du bédouin, chrétien ou non, qui se faisait tailler en rondelles, ce n’était pas bien grave.

Globalement nous faisions preuve de stoïcisme face aux inconvénients de l’avancée des barbares. Finies les vacances sur les bords du Niger, les circuits touristiques au Mali, voire les treks en Afghanistan.  C’était dur, mais on s’y faisait.

L’essentiel était sauvegardé, le business continuait, le pétrole; fusse celui produit sous l’autorité des assassins de DAECH; continuait à circuler sans encombre.

En occident, le consumérisme était le roi de la fête, peuple à genoux devant les dieux de la consommation et si vous n’avez pas un fifrelin pour participer à la grande bâfrerie des marques, vous pouvez vous rattraper en trafiquant près de chez vous.

C’est comme cela que ce sont créées des zones de non-droit où prospèrent drogue, racket, recel, prostitution et discours extrémistes.
L’Angleterre, souvent à la pointe de l’immoralité financière, montrant la voie en incorporant dans son PIB, le montant estimé de l’économie crapuleuse.

Pendant des années et des années, ce sont des générations de jeunes et moins jeunes, laissés sans repères ou plutôt abreuvés de contre repères, façon téléréalité.

Il ne faut pas s’étonner de voir sur ce terrain laissé à l’abandon, prospérer des prêcheurs diaboliques, passant pour des messies, simplement parce qu’ils proposent un projet structuré dont l’ambition dépasse l’horizon du tiroir caisse ou de la braguette.

Et ce ne sont pas les centaines de millions déversés dans les quartiers, pour se donner bonne conscience, qui changeront quelque chose à l’affaire. C’est d’abord du sens et une véritable attention aux personnes dont ont besoin les territoires en souffrance.

A l’autre bout du spectre économique, c’est la valse des milliards.
Des traders se goinfrent en 1 heure le salaire d’un an d’une infirmière en soins palliatifs.

Des mandarins d’entreprise encaissent plusieurs années de salaire d’un smicard, plus notes de frais et véhicule de fonction pour tenir un discours de rigueur valable uniquement pour les autres.

Et vous voudriez que nous servions de modèle afin de contrer les fous de l’état islamique ?

Le plus étonnant, le plus merveilleux, est que malgré la démission de l’élite, malgré les campagnes permanentes d’abrutissement collectif, malgré le matérialisme triomphant, le pays se réveille. Ce n’est plus un frémissement, c’est déjà presque un tremblement.

Puisse-t-il être celui du renouveau qui conjuguera au même temps, droits et devoirs au service du bien commun, de la justice et de la paix.

A la semaine prochaine.