CFTC Paris | Je vais, je vais au supermarché ?
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Je vais, je vais au supermarché ?

Je vais, je vais au supermarché ?

POUR

Gilles Lipovetsky,

                                                                                  Philosophe et sociologue

 

« Un phénomène irréversible »

                                                                

La fermeture des commerces le dimanche est un reliquat du passé.

Dans une démocratie, ce sont les citoyens eux-mêmes qui, après en avoir débattu, doivent fixer les règles du vivre ensemble, pas la tradition. Or, les sondages sont formels : une majorité d’entre eux souhaitent pouvoir faire leurs courses ce jour-là. Nous ne sommes plus dans une société de consommation, mais d’hyperconsommation. Il faut quitter ces dimanches sinistres où les gens n’ont rien d’autre à faire que de se coller devant la TV. S’adapter aux nouveaux modes de vie exige d’accepter l’individualisation de la gestion du temps. Il s’agit d’un phénomène tellement massif que s’y opposer me paraît totalement vain. Le seul argument valable contre l’ouverture du dimanche, celui de la vie familiale, ne tient pas. En effet, des centaines de milliers de personnes (boulangers, restaurateurs .„) travaillent déjà ce jour-là, et cela ne les empêche pas d’avoir une famille. L’ouverture des magasins créerait aussi de nouveaux emplois. Bien entendu, cette évolution doit être encadrée et négociée avec les syndicats.

 

 

 

 


CONTRE

Joseph THOUVENEL

                                                                                  Secrétaire Général Adjoint de la CFTC

 

 » Il ne faut pas céder « 

                                                      

Avant d’être «contre», je suis pour le dimanche chômé ! En ouvrant ce jour-là, les grandes surfaces vident les centres-ville des petits commerces et détruisent plus d’emplois qu’elles n’en créent. L’être humain n’est pas qu’un consommateur. Sommes-nous capables, oui ou non, de sauvegarder du temps libre et gratuit pour l’épanouissement de chacun, la vie spirituelle, des activités en famille, des engagements associatifs et pour tout ce qui contribue au lien social ? N’avons-nous pas autre chose à offrir ce jour-là aux jeunes de banlieue, par exemple, qui expriment leur désarroi et leur frustration à travers la violence ? Les règles de vie collective imposent, à un moment donné, que les désirs personnels soient mis entre parenthèses en vertu du bien commun. La législation actuelle protège les salariés : il  ne faut pas céder.  D’ailleurs,  les gens  ne souhaitent pas travailler le dimanche et ceux qui auraient toute liberté de le faire (professions libérales, architectes, médecins…) ne le font pas. Seuls les riches auraient-ils le droit de se reposer ce jour-là ?