CFTC Paris | l’ Eglise, une force de réflexion et de propositions novatrices
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l’ Eglise, une force de réflexion et de propositions novatrices

l’ Eglise, une force de réflexion et de propositions novatrices


Chronique de J. THOUVENEL du 18.03.2014 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

En ce moment, une question qui m’est très souvent posée est la suivante : « n’avez-vous pas l’impression que le pape François est en rupture avec ses prédécesseurs en matière économique et sociale ? »
Certains interlocuteurs précisent même leur pensée en décrivant un François moderne, soucieux des pauvres et condamnant le capitalisme en opposition avec des prédécesseurs bien plus frileux en ces domaines.
Grossière erreur!

Je ne constate aucune rupture entre Jean-Paul II, Benoît XVI et l’actuel souverain pontife.
Nous sommes au contraire dans une solide continuité.
Celle de la doctrine sociale de l’Eglise.
Si les styles sont différents, en raison des caractères, des cultures et des histoires de chacun, le fond est le même.
Quelle différence y a-t-il entre le message de « Caritas in Veritate » de Benoit XVI qui dés les premières lignes affirme : « L’amour « Caritas » est une force extraordinaire, qui pousse les personnes à s’engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix »
Un Jean Paul II qui dans « Laborem Exercens » dénonce le « danger de traiter le travail comme une « marchandise sui generis » ou comme une « force  anonyme » nécessaire à la production et qui insiste en affirmant que ce danger existe toujours, lorsque la manière d’aborder les problèmes économiques est caractérisée par les « principes de l’économisme matérialiste. »
Et un pape François qui dénonce la « culture du déchet » qui fait de « l’être humain un bien de consommation qu’on peut utiliser et ensuite, jeter. »

Il n’y a aucune différence de fond,les trois évêques de Rome sont fidèles à la doctrine sociale de l’Eglise, les différences d’expressions étant plus du domaine du ressenti que de la réalité.
Les 3 extraits, que j’ai choisi pour chaque Pape, sont à l’image de la représentation que les médias nous font de chacun d’eux et non de la réalité, exacte et complète de leur pensée.

Je ne sais quelle influence néfaste, avait rendu sourd et aveugle nombre d’éditorialistes, qui se refusaient à prendre en compte le message social de l’Eglise et qui soudain découvrent qu’il existe, porté par le pape François.
Réjouissons nous de cette évolution, mais n’ayons pas la naïveté de gober la présentation qui est faite par la majorité des médias.
De Rerum novarum en 1891, jusqu’au compendium de la doctrine sociale de l’Eglise voulu par Jean-Paul II et publié sous Benoît XVI, il n’y a pas l’épaisseur d’un papier à cigarette de différence avec le positionnement du pape François.
Pas plus, d’ailleurs, qu’avec l’enseignement au XIIIéme siècle d’un saint Thomas d’Aquin, ce docteur de l’Eglise qui a notamment posé la nécessité d’un juste salaire. Celui que tout travailleur doit percevoir pour fruit  de son labeur et qui doit lui permettre de vivre dignement, lui et sa famille et en sus, épargner.
Gageons qu’il faudra encore attendre quelques décennies avant que soit reconnu par tous qu’en matière sociale l’Eglise à toujours été une force de réflexion et de propositions novatrices.

A la semaine prochaine