CFTC Paris | La chronique de J. THOUVENEL du 20/04/2010 sur Radio Notre Dame (100.7)
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La chronique de J. THOUVENEL du 20/04/2010 sur Radio Notre Dame (100.7)

La chronique de J. THOUVENEL du 20/04/2010 sur Radio Notre Dame (100.7)

 Dans un siècle de syndicalisme chrétien en Alsace Moselle  André VIERLING cite le célèbre rapport du docteur Louis VILLERMÉ exposant la situation mulhousienne vers 1835 : ils s’entassent dans des chambres ou petites pièces malsaines, j’ai vu à Mulhouse et dans des maisons voisines de ces misérables logements où deux familles couchaient chacun dans un coin sur de la paille jetée sur le carreau et retenue par deux planches, les fenêtres toujours clauses, sont garnies de papier de verre mais si noir, si enfumé que la lumière n’y saurait pénétrer, et le dirons nous il y a certain propriétaires qui font clouer les croisées pour qu’on ne casse pas les vitres en les ouvrant ou les fermant .

Il fait également référence à un rapport de la municipalité de Mulhouse, dans lequel on peut lire : « l’industrie dans laquelle ils vivent attirent des maux  qui rendent leur misère affreuse, intolérable, meurtrière. Leur pauvreté devient fatale par l’état d’abandon et de démoralisation qu’elle produit ». Il note : « dans ces conditions de vie comment s’étonner des maux endémiques, alcoolisme, tuberculose, rachitisme, sans compter la dislocation des familles qui frappe ceux que Karl MARX qualifie du terme méprisant de « lumpenprolétariat » littéralement prolétariat en haillons ou plus politiquement, sous prolétariat ».

Face à cette situation dramatique et à l’urgence de la question sociale des penseurs et des hommes d’action influencés soit par des idées socialistes inspirées de doctrines matérialistes, soit par la tradition sociale chrétienne, réagirent parallèlement. Du fait d’une certaine lecture de l’histoire, on connaît souvent mieux les noms de SAINT SIMON et de PROUDHON que ceux de LAMMENAIS ou de VILLENEUVE BARGEMONT, deux des figures sociales chrétiennes qui furent à la pointe du combat pour plus de justice au XIXe s. Vint ensuite la magnifique encyclique Laborem exercens. Mais ça, c’est une histoire pour la semaine prochaine.