CFTC Paris | La grève de Pentecôte de la CFTC
2305
post-template-default,single,single-post,postid-2305,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

La grève de Pentecôte de la CFTC

La grève de Pentecôte de la CFTC

logo-le-monde.jpgLa CFTC sur les sentiers de la grève? L'initiative peut surprendre de la part d'un syndicat aussi modéré que la centrale chrétienne. En fait la CFTC ne lance pas un appel à une grève interprofessionnelle le 25 mai, lundi de Pentecôte. Mais "elle couvre par un mot d'ordre de grève tout salarié du secteur privé que son employeur voudrait obliger à travailler gratuitement sous prétexte de solidarité". "Ce mot d'ordre, précise-t-elle dans son communiqué, est valable pour le lundi de Pentecôte ou tout autre jour férié de l'année travaillé au titre de la journée de solidarité".

L'affaire remonte au lendemain de l'été 2003, lorsque la canicule avait entraîné la mort d'environ 15 000 personnes. A l'initiative du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, la loi du 30 juin 2004 fait du lundi de Pentecôte, jusqu'alors férié et chômé, une "journée de solidarité envers les personnes âgées". Les salariés devront effectuer une journée de travail de sept heures non rémunérée. Et l'employeur verse une contribution de 0,30% de la masse salariale brute à titre de cotisation. Une partie des revenus collectés est destinée à financer des actions en faveur des personnes âgées.

S'il s'agissait de faire travailler le lundi de Pentecôte, qui restait férié mais non plus chômé, la loi prévoyait d'autres possibilités d'application par la voie d'un accord entre les syndicats et la direction de l'entreprise. "Cet accord, indiquait-elle, peut prévoir soit le travail d'un jour férié précédemment chômé autre que le 1er mai, soit le travail d'un jour de réduction du temps de travail tel que prévu à l'article L. 212-9, soit toute autre modalité permettant le travail d'un jour précédemment non travaillé en application de dispositions conventionnelles ou des modalités d'organisation des entreprises".

Entre 2004 et 2008, le lundi de Pentecôte a été travaillé par de nombreux salariés, qui n'ont pas reçu de traitement correspondant à ce jour-là. Depuis 2008, le lundi de Pentecôte est à nouveau un jour chômé, la journée de solidarité étant indépendante de cette date. Certaines entreprises compensent ce jour de salaire perdu par un jour de congé payé octroyé sans contrepartie. La journée de solidarité a rapporté 1,95 milliard d'euros en 2005, 2,09 en 2006, 2,2 en 2007 et 2,39 milliards en 2012, soit à la fin de cette année-là un total de 18,6 milliards d'euros.

La réalité que décrit la CFTC est toute autre: "Il n'existe aucune journée de solidarité qui permettrait de récolter des fonds au profit des personnes dépendantes. Il a été instauré une taxe sur les salaires de 0,3% de la masse salariale dite ''contribution solidarité autonomie" prélevée mensuellement. Dans le même temps, un certain nombre de salariés se voit imposer de travailler gratuitement une journée dans l'année. Un prélèvement de 0,3% sur une journée payée 0 euro rapporte très exactement 0 euro". La CFTC qui dénonce par ailleurs des "aberrations économiques et sociales" – comme le non assujettissement des professions libérales à cette journée de solidarité -, souligne que "si le principe tout travail mérite salaire est incontournable, il n'est pas incompatible avec le nécessaire effort financier qui doit être fait au profit de la prise en charge de la dépendance, encore faut-il que cet effort soit justement réparti". Voilà pourquoi la centrale chrétienne"couvrira" les grèves éventuelles du lundi de Pentecôte…