CFTC Paris | La vérité sort de l’ascenseur ?
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La vérité sort de l’ascenseur ?

La vérité sort de l’ascenseur ?


Chronique de J. THOUVENEL du 06.12.2011 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Bonjour à toutes et à tous !

 

J’intervenais, il y a quelques jours, dans un haut lieu de la pensée française.

 

Une université sélective qui « choisit ses étudiants et qui est choisie par ses étudiants ».

 

Un lieu porteur d’un projet pédagogique ; une université citoyenne.

 

Son Président nous décrit une faculté vivante, qui offre un environnement intellectuellement et humainement stimulant.

 

Elle est en mouvement et se donne les moyens de progresser pour être toujours plus attractive et à la hauteur de ses ambitions en France et à l’internationale, écrit-il en page d’accueil du site Internet sous le titre « Un gage de l’excellence Dauphinoise ».

 

Ce qui, un instant, m’a fait penser que j’étais allé sur un site de cuisine consacré au gratin dauphinois…

 

Si gratin il y a, c’est celui de l’université Paris Dauphine qui, nous dit-on cultive l’excellence, privilégie les structures à taille humaine et assume un recrutement sélectif.

 

Une fois sélectionnés, les recrutés ont droit à des infrastructures de qualité avec, notamment, distributeur automatique de billets, kiosque à journaux et même agence de voyages au sein de leur établissement.

 

Un point noir tout de même : les ascenseurs !

 

Pas le contenant, ces braves mécaniques qui montent et descendent quant on les appelle, ouvrent et ferment leurs portes sur commande !

 

Non, le contenu ! Ces fameux étudiants choisis et porteurs d’excellence.

 

Si, comme il est d’usage, vous vous effacez, voire sortez de la cabine d’ascenseur pour laisser passer les étudiants mâles ou femelles aux différents étages, vous n’y gagnerez pas un sourire, pas un remerciement, pas un simple geste de la tête, rien !

 

Cela pourrait paraître anecdotique, malheureusement je crois que c’est tristement révélateur. Quand une jeunesse, globalement issue de milieux privilégiés, n’a pas acquis quelques actes réflexes comme la politesse, qui n’est que l’expression de l’attention portée aux autres.

 

Nous avons du souci à nous faire, pour le jour où ils et elles exerceront des responsabilités.

 

On ne change pas du jour au lendemain une construction personnelle, centrée autour de son nombril.

 

Et c’est en marchant, fermement sur les pieds des autres que nos Dauphinois participeront à ces « programmes d’enseignement et de recherche sur la responsabilité sociétale », dispensés par leur faculté.

 

Ce qui nous promet de forts beaux devoirs, voire de brillantes thèses toutes en théorie, en ignorant que l’essentiel c’est la pratique et d’abord la pratique personnelle dans les gestes du quotidien.

 

 

A la semaine prochaine.