CFTC Paris | Le contrat de travail un frein à l’embauche.
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Le contrat de travail un frein à l’embauche.

Le contrat de travail un frein à l’embauche.

Les partenaires sociaux vont examiner des pistes de réformes pour faciliter les recrutements en CDI.

logo_figaro.jpgNouveau coup de projecteur sur la loi de sécurisation de l’emploi. Les organisations patronales et syndicales se réunissent ce jeudi au siège du Medef pour une quatrième séance d’évaluation de l’accord national interprofessionnel (ANI) de 2013, dont le gouvernement cherche à mesurer la portée. Au menu des réjouissances ? Le contrat de travail, un sujet explosif.(…)

Si les organisations patronales ont des avis divergents sur la façon de régler la question des freins à l’embauche, toutes s’accordent sur la nécessité d’obtenir plus de flexibilité sur le marché du travail. Jean-François Pilliard, Vice-président délégué en charge du social au Medef, a préparé le terrain auprès des syndicats. « Nous voulons une solution qui sécurise la rupture du contrat de travail, aujourd’hui longue, coûteuse et aléatoire juridiquement », a-t-il martelé. D’ailleurs, Pierre Gattaz, le patron des patrons, a mis sur la table « un contrat de travail sécurisé, dans lequel seraient définies les conditions de rupture au cas où l’entreprise serait amenée à se séparer de son salarié ».

Contrat pour les PME
Le nouveau Président de l’UIMM, Alexandre SAUBOT, est sur une ligne similaire. « Il n’y a pas de débat, c’est la question de la rupture du contrat qui est le nœud du problème » a-t-il confié lundi au Figaro (nos éditions du 4 mai). Quant à la  CGPME, en première ligne auprès des petits patrons, ceux qui sont le plus affectés par les conséquences financières des ruptures de contrat de travail, elle réclame la création d’un contrat spécifique pour les petites entreprises, (…)

Un nouveau contrat dont l’efficacité est mise ne doute par certains économistes. Pour Pierre CAHUC, apôtre du contrat unique, « le contrat avec des seuils proposé par la CGPME est une source de contentieux : comment fixer des objectifs ? Comment s’accorder sur les délais ? ». Selon Stéphanie LECOCQ, de l’Institut Supérieur du Travail (IST), « le droit du travail en lui-même n’a pas d’incidence sur le chômage. S’il peut fluidifier le marché du travail en facilitant les entrées et les sorties, ce qui déclenchera l’embauche, ce sont les commandes et les investissements ».

Même son de cloche de Bertrand MARTINOT, l’ancien directeur de l’emploi et de la formation sou Nicolas Sarkozy. « La réforme du contrat de travail n’est qu’un élément- d’un ensemble plus large de réformes pour lutter contra la rigidité du marché du travail, ce n’est pas la mère de toutes les batailles », estime-t-il. Pour lui, le gouvernement ferait mieux de passer par la loi plutôt que de renvoyer à de longues et peu fructueuses négociations sociales. Peu de chances que la réunion de ce jour démontre le contraire.

Les syndicats rejettent déjà toute modification.

Taxer les contrats courts

Pour Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, "si la piste du Medef est de fragiliser le contrat de travail, c'est non !". Pour la plus petite des organisations signataire de l'ANI sécurisation de l'emploi en 2013, la manière de lutter contre le chômage n'est pas de modifier le sacro-saint contrat de travail mais de produire ce que les gens achètent. "D'accord pour faire en sorte que les entreprises rétablissent leurs marges et investissent dans l'innovation, pas pour que l'on soutienne la précarisation qui empêche de s'engager dans la vie, de consommer" tranche Joseph Thouvenel.

La centrale chrétienne réfute également que le licenciement coûte cher. "Nous restons sur notre proposition, qui a été inscrite dans l'ANI 2013, de taxer davantage les contrats courts, hors CDD de bon sens, Rappelle J. Thouvenel. Cela a été fait, mais la surtaxe n'a pas été suffisamment importante pour décourager ceux qui pourtant en abusent. Il faut simplement aller plus loin".