CFTC Paris | Le crachat du service public
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Le crachat du service public

Le crachat du service public

 

Chronique de J. THOUVENEL du 28.04.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

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Affaires sensibles, histoires interdites, cachées ou oubliées, faits divers hors normes, avec toujours des témoignages originaux et des archives sonores inédites. Tous les après-midi sur une chaine de radio du service public, il est raconté aux auditeurs les grandes affaires, les aventures et les procès qui ont marqué les 50 dernières années, et ce en partenariat avec l’INA.
De quoi vous mettre l’eau à la bouche !

Il y a quelques jours le thème était : 1984 – La guerre des deux écoles

Alléché par l’idée d’entendre des témoignages originaux et des archives sonores inédites, je dressai l’oreille.Sur la forme, rien à dire du rythme, un texte bien dit, des reprises sonores d’époque, une émission intéressante. Un problème tout de même… le fond.

Le commentateur nous présentant l’histoire de l’école dans notre pays, vue à travers d’étranges lunettes. C’est ainsi que j’ai appris que l’école libre avait été un suppôt de Vichy. En direct, sur une chaine de service public de mon pays, j’ai entendu cette énorme dégueulasserie, visant à décrédibiliser les défenseurs de la liberté scolaire.

Été 1942, les rafles se multiplient. À la demande de Georges Garel, un ingénieur lyonnais à la tête d’une organisation juive de secours, Monseigneur Saliège,  Archevêque de Toulouse prend les dispositions pour cacher rapidement 300 enfants juifs dans des couvents et des internats catholiques de la Haute Garonne. Sur l’ensemble du territoire national ce sont des milliers de juifs traqués par les nazis et leurs séides, qui trouvent refuge au sein des écoles catholiques ou protestantes. Quand Louis Malle, met en scène le petit collège d’Avon, près de Fontainebleau, dans son film « au revoir les enfants », il ne fait pas œuvre de fiction. Le père Jacques, arrêté le 15 janvier 1944 au sein du collège du couvent des Carmes d’Avon, avec trois élèves juifs, est mort comme ces innocents, en déportation.

Et puis, et puis il y a cet homme qui le 11 novembre 1942, interné pour acte de résistance à la prison de Fresnes, fabriquait avec un morceau de drap, du mercurochrome et du bleu de méthylène un drapeau français qu’il suspendait à la fenêtre de l’infirmerie de la centrale pénitentiaire. Au motif devait-il déclarer au tribunal allemand le jugeant, « que le 11 novembre en France on célèbre la victoire sur l’ennemi ». Cet homme, c’est le même qui,  en trop mauvaise santé pour le faire, m’a demandé d’aller manifester en son nom pour la défense de l’école libre, le 4 mars 1984 à Versailles et le 24 juin de la même année à Paris.

Aujourd’hui, c’est aussi sur toi que la radio d’Etat vient de déposer ce crachat, Papa.

A la semaine prochaine !