CFTC Paris | Les vierges effarouchées du patronat
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Les vierges effarouchées du patronat

Les vierges effarouchées du patronat

Chronique de J. THOUVENEL du 20.01.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

Vous avez sans doute entendu parler de la négociation en cours entre patronat et syndicats sur la modernisation du dialogue social.

Peut-être même, avez-vous retenu que celle-ci concernait les seuils sociaux.

D’après les uns, les obligations liées aux franchissements des différents seuils, 10 et 50 notamment, complexifient et renchérissent fortement la gestion des entreprises. Pour les autres l’effet est marginal. Pour preuve le fameux seuil de 50 qui aurait pour conséquence que moult entreprises resteraient bloquées à 49 salariés serait plus du fantasme qu’une réalité.

Les chiffres ne leur donnent pas vraiment tort.
D’après l’INSEE la France compte seulement 1600 entreprises de 49 salariés. Même en postulant qu’avec la suppression du seuil de 50, sera embauché un salarié supplémentaire tous les mois, ce qui est carrément irréaliste, il faudrait plus de 52 ans pour atteindre le million d’emplois promis par M. GATTAZ.

Je vous avouerais que je suis légèrement plus pressé.

Curieusement l’hostilité patronale ne concerne pas tous les seuils.

Il en est même certains pour qui ils ont les yeux de Chimène. Ils les dorlotent, les protègent, ne voient que des avantages là où précédemment ils évoquaient complications, tracasseries, désagréments.

Un exemple peut-être : le seuil qui empêche un salarié d’avoir une participation aux bénéfices réalisés par son entreprise.

Soudain, pour les libéraux les mots argent, bénéfices, profits deviennent indécents. La chose elle-même doit être cachée. Quand la CFTC l’évoque en négociation le camp patronal se scinde immédiatement en deux.

D’un coté les vierges effarouchées, de l’autre les duègnes outragées.

Sans doute, le souvenir traumatisant de cet homme déclarant à la télévision « Dès lors que les gens se mettent ensemble pour réaliser une œuvre économique commune, en apportant qui les capitaux nécessaires, qui le travail, ils forment une société dans laquelle chacun doit-être intéressé tant au fonctionnement qu’à  la rentabilité, donc au profit ». Ce dangereux révolutionnaire se  nommait Charles de Gaulle.

Jusqu’à la doctrine sociale de l’église qui affirme que  « le bien-être économique d’un pays ne se mesure pas exclusivement à la quantité de biens produits, mais aussi en tenant compte de la façon dont ils sont produits et du degré d’équité dans la distribution du revenu. »

Au-delà des mots, des déclarations d’intention et des affirmations gratuites, le discours patronal gagnerait en crédibilité, si concrètement il reconnaissait que tous les salariés ont droit à une participation aux bénéfices.

Je crains fort que comme pour le dimanche, la cupidité l’emporte sur la raison et la justice.

À la semaine prochaine !