CFTC Paris | Un triste anniversaire
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Un triste anniversaire

Un triste anniversaire

Le 14 juin 1791 un brave bourgeois, avocat de son état, maître le Chapelier fit voter une loi socialement destructrice, qui interdira notamment : corporations, compagnonnage, coalitions ouvrières ou paysannes, droit de grève.

Désormais, un seul principe règne en maître, celui de la liberté. Du moins d’une liberté toute théorique, de celle proclamée sur les estrades, vantée dans les libelles, clamée face au peuple et qui se révèle être le plus efficace des outils d’asservissement. Chacun étant libre, nul besoin de corps intermédiaires comme les corporation sou les syndicats pour réguler les rapports entre l’ouvrier et le patron.

C’est une petite musique qui a tendance à revenir en force aujourd’hui. Pour quoi s’encombrer d’un Code du travail quand l’entreprise peut édicter ses propres règles, elle qui connaît le mieux son marché, ses clients et ses salariés ?

Oui, pourquoi ? Pour deux raisons simples :

  • La première : entre celui qui a besoin de travaille pour vivre et faire vivre les siens et celui qui peut ou non donner du travail, il n’existe nulle égalité, mais au contraire une disproportion qui vicie la libre acceptation.
  • La seconde : laisser chacun faire sa loi, c’est donner une prime au moins-disant social et à la concurrence déloyale qui permet au gros d’écraser le petit. Que pèse, sans régulation, le petit producteur face aux hypermarchés ?

Il est vrai que l’ouvrage de Jean-Jacques Rousseau Du contrat social ou principes du droit politique, où l’auteur affirme que le citoyen peut être « forcé d’être libre », a largement influencé les théoriciens de la Révolution française. On devrait quand même se méfier des dires du rédacteur d’un traité sur l’éducation qui a abandonné ses cinq enfants à la porte des hospices.

La théorie est si belle quand on est loin des réalités.