CFTC Paris | Lu dans Boulevard Voltaire: Interview de Joseph Thouvenel
6013
post-template-default,single,single-post,postid-6013,single-format-standard,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-theme-ver-10.0,wpb-js-composer js-comp-ver-4.12.1,vc_responsive

Lu dans Boulevard Voltaire: Interview de Joseph Thouvenel

Lu dans Boulevard Voltaire: Interview de Joseph Thouvenel

“On a des syndicats majoritaires qui n’ont pas une action prenant en compte l’intérêt des salariés mais leur propre intérêt.”

 

Joseph Thouvenel, un dialogue est-il possible entre l’État et les syndicats de la SNCF ?

Cela ne peut pas être une question. Il doit y avoir un dialogue. Sinon, c’est la guerre. Pour négocier, il faut cependant que les deux parties veuillent bien discuter.

Tout peut être réformé, y compris à la SNCF. Le tout est de savoir si la réforme est bonne. La SNCF affiche un déficit considérable de 46 milliards d’euros qui s’alourdit tous les ans de 3 milliards.

Les choses ne peuvent pas continuer comme cela. Toutefois, la SNCF ne peut pas être considérée comme une entreprise de droit privé. C’est une entreprise de service public. Il faut donc mettre les choses sur la table. Il y a cependant une double difficulté.

Le gouvernement n’est pas responsable de la situation actuelle, car la situation n’est pas nouvelle. Les responsables sont les gouvernements précédents successifs, en raison du sous-investissement et des mauvais choix effectués. Mais se pose tout de même la question de la valeur et la fiabilité de la parole de ce gouvernement. Le candidat Macron avait par exemple affirmé que l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, s’il était élu, se ferait. Je rappelle que je n’ai aucun avis sur le sujet. Je ne suis pas compétent pour savoir s’il fallait ou pas un aéroport. Je constate simplement que la parole de ce candidat devenu président de la République n’a pas été suivie d’effet. Il y a donc un problème de confiance.

D’un autre côté, les syndicats majoritaires adoptent depuis des décennies un comportement qui ne relève pas de l’action syndicale, au sens où on l’entend à la CFTC. Il faut évidemment prendre en compte le bien des salariés que nous défendons, mais dans le cadre du bien commun. Or, on s’aperçoit qu’il s’agit ici plutôt de défense corporatiste à très court terme. J’en veux pour preuve de nombreuses grèves qui n’étaient pas justifiées. Dans ce cas, le service public est largement perturbé et cela gêne les entreprises et les salariés. Il faut que ce soit justifié d’autant plus lorsqu’on a une responsabilité de service public.

Cette double dégradation à la fois du côté du politique et du côté des syndicats conduit à une situation assez explosive.

lire la suite