CFTC Paris | Ouverture le dimanche, la grande pagaille.
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Ouverture le dimanche, la grande pagaille.

Ouverture le dimanche, la grande pagaille.

Bertrand Delanoë a dit non aux Grands Magasins
Mais les boutiques ouvertes le week-end débordent largement de ces sept zones touristiques reconnues : elles s’éparpillent, par exemple, le long du canal Saint-Martin ( 10 e ), boulevard de Belleville ( 19 e ), à Bercy Village ( 12 e ) et dans tout le Marais. Une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme, l’Apur, rendue publique en juin, estime à plus de 200 ces magasins qui bafouent le repos dominical. Un sujet que connaît bien Patrick Aboukrat. Le président du comité des Francs-Bourgeois a bataillé des années durant pour obtenir le classement en zone touristique de la rue où il avait ouvert son premier Abou D’Abi Bazar. « Aujourd’hui, on continue ailleurs ! Le haut du Marais, la rue Vieille-du-Temple notamment, deviennent le nouveau quartier à la mode à Paris, avec des magasins qui font  » deux samedis » dans la semaine. Pour nous, il y a une hypocrisie à ne pas reconnaître que c’est tout le Marais qui est un quartier touristique. Certaines zones attirent les visiteurs du monde entier, même les dimanches : il faut reconnaître leur rayonnement. » Même argument avancé par le comité Haussmann regroupant les Grands Magasins le Printemps et les Galeries Lafayette, pour demander un classement en zone touristique. Le maire de Paris a refusé en juin, invoquant le respect de la vie de famille des salariées des Grands Magasins, en majorité des femmes.

 
La CFTC Paris va porter plainte bientôt
Pour Lyne Cohen-Solal, adjointe chargée du commerce, « la loi Maillé a tout compliqué. Elle a donné des encouragements à ne pas respecter les textes en vigueur, puisqu’elle a régularisé des commerçants qui s’étaient mis hors la loi… Depuis, c’est le grand flou et de nombreux magasins alimentaires en ont profité pour ouvrir tout le dimanche ». Des Franprix, G 20, 8 à huit ouvrent leurs rayons en fin de week-end… « Des franchisés indépendants » selon les directions de ces groupes de distribution, qui assurent leur avoir fait passer des consignes de respect de la loi. Cet état de fait exaspère les petits épiciers parisiens et leur syndicat. Le Sefag a adressé depuis le début de l’année une quarantaine de courriers à des gérants de supérettes ouvrant illégalement le dimanche, soit environ une supérette sur sept à Paris.
Il y a quelques semaines, la préfecture a communiqué et annoncé 67 verbalisations transmises au parquet : 41 depuis janvier 2010, contre 26 en 2009. En août, sept supérettes ont été condamnées après jugement en référé à fer mer le dimanche après-midi. Les amendes se montent à 1. 500 € par salarié : un gérant de boutique branchée de vêtements qui ne veut « surtout pas être cité pour éviter un contrôle » reconnaît avoir payé 30. 000 € ( deux amendes pour dix salariés ) en 2009. Une « prune » à déduire des gains obtenus le dimanche.
Exaspéré, Mohammed Benayad, gérant d’une alimentation générale dans le 19 e, a monté lui-même son dossier, avec tickets de caisse dûment datés, prouvant l’ouverture illicite le dimanche soir d’une supérette voisine ; il a porté plainte. Il espère obtenir gain de cause lors du jugement au tribunal de commerce le 30 novembre prochain.