CFTC Paris | Pourquoi notre économie marche sur la tête.
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Pourquoi notre économie marche sur la tête.

Pourquoi notre économie marche sur la tête.

logo_famillechretienne.jpgExtrait de l’entretien avec M. Laurent Fourquet* et Paul Clavier* :

Que pensez-vous de la loi Macron ?

L. F. – Du point de vue de l’analyse que je développe dans mon ouvrage, la remise en cause du repos dominical montre bien qu’un jour qui n’est pas consacré à la consommation est désormais perçu comme perdu, puisque ne pas consommer est – au sens propre du terme – « perdre » son temps. De façon générale, tout ce qui, dans la « gestion » du temps, comme l’on dit, n’est pas fluide, ajustable, adaptable à l’exigence de consommation de tout et partout, devient une anomalie, parce que cette supposée « rigidité » affecte la rentabilité d’ensemble du système.
P. C. – Laurent Fourquet a raison. Pourquoi travaille-t-on ? Est-ce pour sacrifier à l’idole de la consommation, ou pour satisfaire des besoins légitimes ? Parmi ces besoins, il y a celui d’un repos dominical, où l’être humain est invité à reconnaître qu’il n’est pas seulement producteur ou consommateur, mais aussi contemplateur.

Entretien paru dans Famille chétienne N° 1946 du 2 au 8 mai 2015.

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Paul Clavier, normalien, agrégé et docteur en philosophie.

auteur de : "La fourmi n’est pas prêteuse, conversations impertinentes sur l’argent".

Comment la finance s’est transformée en objet de dérégulation du monde économique.

L'économie ne va pas très fort, ces temps-ci, la crise ne cesse de s'approfondir et la pauvreté de gagner du terrain. Et pourtant, certains secteurs de la finance continuent d'enregistrer des profits, certains acteurs de cette forme d'économie dérégulée continuent de s'enrichir en dehors de toute référence à l'économie réelle, avec sa production, son lien au travail et à l'emploi. A travers un dialogue philosophique qui ne se prive pas d'humour, Paul Clavier propose cette réflexion impertinente sur l'argent et la finance, en se demandant si une alternative est possible à ce monde où l'homme n'a plus guère de place. Déjà au Moyen Age, un certain Thomas d'Aquin se posait sérieusement la question de la légitimité du prêt à intérêt…

auteur9399.jpgLaurent Fourquet, normalien et énarque.

Auteur de "Le moment M4, philosophie de la valeur contemporaine".

Note de l’éditeur :

Comment en sommes-nous venus à croire que les choses valent véritablement leur prix et que leur valeur varie effectivement avec leur prix ? L'auteur nous invite à parcourir l'histoire de la notion de valeur dans la science économique, depuis Aristote jusqu'aux interprétations les plus récentes des bulles spéculatives. Au terme de cette exploration magistrale, il décrit notre moment théorique de la valeur, et son modèle, qui depuis quelques décennies ont pris possession de l'économie réelle : le Moment M4 où, désamarrée de toute référence à la physique des choses, l'économie se prévaut de sa capacité magique à donner de la valeur au rien et à dévaloriser ce qui, hier, valait tout…
Derrière le mirage de la plasticité infinie de l'économie, un autre paysage, bien plus sombre, se laisse toutefois entrevoir celui d'un monde gouverné par l'arbitraire de l'argent, et, à travers l'argent, par le souci obsessionnel de la consommation du monde au profit d'une classe nouvelle, l'hyperbourgeoisie.