CFTC Paris | Quand la vérité vient de Strasbourg
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Quand la vérité vient de Strasbourg

Quand la vérité vient de Strasbourg


Chronique de J. THOUVENEL du 02.12.2014 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

Aujourd’hui, je me ferai l’écho d’une grande voix qui s’est élevée à Strasbourg dans l’enceinte  du parlement Européen. Dans son allocution à l’adresse des députés, le Pape François  a rappelé des principes et souligné des réalités trop  souvent négligées ou oubliées.

Évoquant le projet politique des Pères fondateurs de l’Union porté par « la confiance en l’Homme, non  pas tant comme citoyen ni comme sujet économique, mais en l’homme doté d’une dignité transcendante. » le Saint Père ’interroge :

« Quelle dignité pourra jamais avoir une personne qui n’a pas de nourriture ou le minimum nécessaire pour vivre et pire encore, qui n’a pas le travail qui l’oint de dignité ? »

Et de préciser : « promouvoir la dignité de la personne signifie reconnaître qu’elle possède des droits inaliénables dont elle ne peut être privée au gré de certains, et encore moins au bénéfice d’intérêts économiques. »

Et le Pape François de préciser :

« Au concept de droit, celui aussi essentiel et complémentaire de devoir, ne semble plus associé, de sorte qu’on finit par affirmer des droits individuels sans tenir compte que tout l’être humain est lié à un contexte social dans lequel ses droits et devoirs sont connexe à ceux des autres et au bien commun de la société elle-même. »

Allant plus loin, il souligne le risque de voir  l’être humain « réduit à un simple engrenage d’un mécanisme qui le traite à la manière d’un bien de consommation. » Il dénonce la « culture du déchet » et « la mentalité de consommation exagérée »

Il appelle à « maintenir vivante la réalité des démocraties » en évitant dit-il que « la force politique expressive des peuples soit écartée face à la pression d’intérêts multinationaux non universels, qui les fragilisent et les transforment en systèmes uniformisés de pouvoirs financiers aux services d’empires inconnus. »

Tout en appelant à une écologie humaine, faite de respect de la personne, il insiste sur la valeur du travail. « Ce domaine dans lequel fleurissent  les talents de la personne humaine. »

Et d’enfoncer le clou : « Il est temps de favoriser les politiques de l’emploi, mais il est surtout nécessaire de redonner la dignité au travail, en garantissant aussi d’adéquates conditions pour sa réalisation. Cela implique d’une part, de repérer de nouvelles manières de conjuguer la flexibilité du marché avec les nécessités de stabilité et de certitude des perspectives d’emplois, indispensables pour le développement humain des travailleurs. »

Nous sommes bien loin du licenciement sans entrave réclamé par certains et des contrats précaires imposés par d’autres.

Merci Pape François pour ces paroles dans la continuité de vos prédécesseurs et la fidélité à la doctrine sociale.

À la semaine prochaine !