CFTC Paris | Qu’est ce qu’un congé individuel de formation ?
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Qu’est ce qu’un congé individuel de formation ?

Qu’est ce qu’un congé individuel de formation ?

Quelles sont les démarches à effectuer pour bénéficier du CIF ?

Avant tout départ en CIF, le salarié doit obtenir une autorisation  d’absence auprès de son employeur pour la durée de sa formation. Celle-ci doit préciser : la date de début du stage ; la durée du stage ; la désignation du stage ; le nom de l’organisme de formation (art. R. 6322-4 C. trav.).

Le salarié doit respecter un délai de prévenance de l’employeur ; il doit adresser son autorisation d’absence à son employeur au plus tard : 120 jours avant le début du stage (Si celui-ci dure 6 mois ou plus et s’effectue en une seule fois à temps plein) ; 60 jours avant le début du stage (si la durée du stage est de moins de 6 mois ; si le stage s’effectue sur plusieurs périodes ou à temps partiel ; si la demande vise le passage ou la préparation d’un examen) (art. R. 6322-3 C. trav.).

L’employeur dispose de 30 jours, à réception de la demande de CIF, pour répondre à cette demande.

L’employeur peut refuser ou reporter une demande d’autorisation d’absence ; dans ce cas, il doit motiver sa décision (art. R. 6322-5 C. trav.) (Voir question suivante).

L’absence de réponse de l’employeur dans le délai de 30 jours vaut acceptation (art. R. 6322-5 C. trav.).

Le salarié doit également retirer un dossier de demande de prise en charge financière auprès de l’OPACIF dont relève l’entreprise : ce dossier doit être renseigné par le salarié, complété par l’organisme de formation retenu, puis envoyé à l’OPACIF par lettre recommandée avec AR, accompagné des pièces justificatives demandées.

 

À noter : chaque OPACIF dispose d’une procédure propre de prise en charge. Renseignez-vous sur les démarches à effectuer et sur la façon de remplir le dossier via leurs sites internet. L’OPACIF transmet sa réponse sous 2 mois en moyenne. Cette durée varie d’un OPACIF à un autre. La décision d’acceptation doit être formulée par écrit au salarié. En cas de refus, l’OPACIF doit également notifier par écrit le motif du refus au salarié (voir question ci-après). Conseil! Pour ne pas être pris de court par les délais, il est préférable d’entamer ces démarches (autorisation d’absence, prise en charge financière) au moins 6 mois avant le début de la formation.

 

Pour quelles raisons l’employeur peut-il reporter un CIF ?

L’employeur peut reporter le CIF :

• soit en raison des effectifs simultanément absents au titre du CIF (art. L. 6322-7, L. 6322-8 et L. 6322-9 C. trav.) : 2% des effectifs dans les entreprises de 200 salariés et plus ; le nombre d’heures de CIF demandées dépasse 2% du nombre total d’heures de travail effectuées dans l’année dans les entreprises de moins de 200 salariés ; la demande de CIF aboutit à l’absence simultanée d’au moins deux salariés dans les entreprises de moins de 10 salariés.

• soit pour raison de service (art. R. 6322-5 et R. 6322-7 C. trav.) : L’employeur peut reporter la demande de CIF s’il estime que le départ du salarié pourrait avoir des conséquences préjudiciables à la production et à la marche de l’entreprise.

La durée maximum du report pour ce motif ne peut excéder 9 mois. Le motif de report doit être signifié par l’employeur à l’intéressé dans les 30 jours qui suivent la réception de la demande de CIF.

 

Important ! Le report ne peut être notifié par l’employeur qu’après avis du comité d’entreprise ou du comité d’établissement ou, à défaut, des délégués du personnel (art. L. 6322-6 et L. 2328-1 C. trav.).Congé individuel de formation (CIF)

 

Pour quelles raisons l’OPACIF peut-il refuser de financer un CIF ? Quel recours ?

L’OPACIF peut refuser une demande de prise en charge financière si:

• le projet n’est pas conforme à une action de formation continue (au sens de l’article L. 6313-1 C. trav.) ;

• l’organisme de formation n’est pas agréé par l’OPACIF ;

• l’OPACIF manque de fonds pour financer cette action ;

• la présentation du dossier de prise en charge est hors délai ;

• le dossier de prise en charge a été présenté sans avoir obtenu au préalable l’autorisation d’absence de l’employeur ;

• la durée de formation n’est pas conforme avec la durée indiquée sur l’autorisation d’absence.

Le salarié dispose alors de 2 mois, à compter de la date d’envoi de la notification de rejet, pour adresser un recours gracieux auprès de l’OPACIF qui a pris cette décision. Sa demande sera alors examinée par une instance paritaire de recours. Le salarié sera informé par écrit de la décision prise par cette instance.

 

À quoi correspond la prise en charge financière de l’OPACIF ?

L’OPACIF prend en charge la rémunération du salarié pendant sa formation. Il peut également prendre en charge les frais de formation, les frais de transport et d’hébergement.

En cas de prise en charge partielle des frais de formation, de transport et d’hébergement, l’entreprise ou l’OPCA de branche, auquel est rattachée l’entreprise, peuvent compléter cette prise en charge (art. L. 6322-20 C. trav.).

 

Quelle sera la rémunération du salarié parti en CIF ?

Le salarié perçoit une rémunération versée par l’employeur qui sera par la suite remboursée par l’OPACIF.

La rémunération versée au salarié est calculée à partir du salaire de référence du salarié (art. L. 6322-17 C. trav.) :

• pour une rémunération inférieure à 2 fois le SMIC, le salarié percevra 100% du salaire de référence et ce quelle que soit la durée du CIF ;

• pour une rémunération supérieure à 2 fois le SMIC, le salarié percevra 80% du salaire de référence (90% si l’action de formation est considérée comme prioritaire par la branche) pour un CIF d’une durée inférieure ou égale à un an ou 1200 heures, ou 60% du salaire de référence au-delà d’un an ou de 1200 heures.

De plus, le CIF étant assimilé à du temps de travail, l’employeur est tenu de verser au salarié les éléments de la rémunération qui n’ont pas un caractère mensuel (13ème mois, prime de vacances, prime de fin d’année, …) ; l’employeur se fera rembourser par l’OPACIF par la suite (art. L. 6322-13 C. trav.).

 

Quels sont les droits du salarié en CIF en matière de protection sociale ?

Durant le CIF, le contrat de travail du salarié n’est pas rompu, mais suspendu.

Le salarié en CIF bénéficie du maintien de la protection sociale et de la protection accident du travail : il reste couvert contre tous les risques du régime légal (maladie, maternité, invalidité, décès, prestations familiales, accident du travail, assurance vieillesse) et conventionnel (mutuelle, retraite complémentaire). En cas de maladie, maternité ou accident, il peut s’absenter.

 

À noter : en cas d’accident du travail ou de trajet, c’est l’organisme de formation qui doit effectuer les démarches de déclaration de l’accident.

 

Quelles sont les obligations du salarié en CIF ?

Le salarié doit suivre la formation pour laquelle le CIF lui a été accordé. Il doit justifier sa présence en formation, via une attestation fournie par l’organisme de formation, qu’il doit remettre à son employeur tous les mois et au moment de sa reprise de poste et ceci afin de voir sa rémunération prise en charge pendant la durée du CIF (art. L. 6322-8 C. trav.).

 

Par ailleurs, pendant toute la durée de son CIF, le salarié est soumis au règlement intérieur de l’organisme de formation (art. L. 6352-3 C. trav.).

 

L’employeur peut il exiger le retour anticipé d’un salarié parti en CIF ?

L’employeur accorde l’autorisation d’absence pour la durée totale de la formation. Une fois accordée, il ne peut pas demander à son salarié d’interrompre sa formation pour réintégrer son poste de travail.

 

Le salarié parti en CIF peut-il exercer son mandat syndical ?

Peut-il participer aux élections, en tant qu’électeur et/ou candidat ?

Le salarié en CIF conserve le droit d’exercer des mandats de représentant du personnel ou de délégué syndical. Il reste électeur et éligible.

 

Un salarié en CIF peut-il se faire licencier ? Quelles incidences sur la poursuite de la formation ?

Un salarié peut se faire licencier pendant son CIF, pour motif économique ou personnel uniquement.

Le motif invoqué pour le licenciement ne doit pas être lié au départ en CIF du salarié.

 

Important ! Un licenciement en cours de CIF interrompt immédiatement et définitivement la formation puisque le salarié concerné ne fait plus partie de l’entreprise. De plus, le CIF étant interrompu, l’OPACIF cesse toute prise en charge financière.

 

Il existe cependant un dispositif permettant au salarié dans cette situation de poursuivre sa formation avec maintien de sa prise en charge.

 

Deux possibilités :

• soit le salarié décide de poursuivre sa formation dans le cadre de la prise en charge du FONGECIF, telle qu’elle a été notifiée initialement et antérieurement à son licenciement;

• soit le salarié renonce à la prise en charge de sa formation par le FONGECIF et choisit de s’inscrire comme demandeur d’emploi auprès de Pôle emploi ; il pourra éventuellement poursuivre sa formation à la condition que cette dernière ait été validée par Pôle emploi, ou par tout autre organisme participant au service public de l’emploi (SPE), dans le cadre du projet personnalisé d’accès à l’emploi (PPAE). Cette formation doit être de nature à favoriser la réinsertion professionnelle du salarié licencié.

 

Attention : les OPCA de branche collectant le CIF (OPACIF) hors du champ de l’accord national interprofessionnel (ANI) du 5 décembre 2003 n’ont pas l’obligation de suivre ces règles.

 

Que se passe-t-il à l’issue de la formation ?

À l’issue du CIF, le salarié retrouve dans l’entreprise un poste de travail correspondant à la qualification et à la rémunération prévues par son contrat de travail. Il ne doit pas y avoir modification d’un élément essentiel de ce contrat.

Cependant, le salarié n’est pas assuré de retrouver exactement la même place ou le même poste.

 

À noter ! L’employeur n’a pas l’obligation de prendre en compte les résultats de la formation. Cependant, une convention collective ou un accord d’entreprise applicable peut contenir des règles relatives à la prise en compte des qualifications acquises par les salariés suite à des actions de formation (Plan, DIF, CIF, …).