CFTC Paris | Salade grecque
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Salade grecque

Salade grecque


Chronique de J. THOUVENEL du 27.09.2011 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Chères auditrices, chers auditeurs, gardons notre calme. Ne désespérons point de nos élites !

 

Certains d’entre vous, pris de folie à la vue des déficits abyssaux qui s’ouvrent sous nos pieds, vont jusqu’à douter de la qualité de nos experts bruxellois et ce, sous le fallacieux prétexte, que par une décision du Conseil des ministres européens en juin 2000, prise suite à la publication d’un rapport conjoint de la Commission et de la Banque Centrale Européenne, la Grèce a été autorisée à rentrer dans l’Euro.

 

Quelle mesquinerie !

 

Nous pouvons parfaitement comprendre que des hauts fonctionnaires aient pu, emportés par le charme hellène, la douceur des îles, l’évocation d’Homère et quelques verres d’ouzo, affirmer, je cite « Le déficit public annuel respecte la valeur de référence de 3 % du produit intérieur brut et les ratios de la dette publique s’approchent à un rythme satisfaisant de la valeur de référence de 60 % du PIB. »

 

Les mêmes ajoutaient, montrant combien on était sérieux du côté de l’Acropole, que la Grèce était membre du mécanisme de taux de change du système monétaire européen.

 

Ce qui, vous en conviendrez, fait forte impression sur une carte de visite.

 

Ainsi, le conseil a considéré que la Grèce avait « réalisé un taux élevé de convergences durables et rempli les conditions nécessaires pour l’adoption de la monnaie unique » (décision 2427 CE liée au règlement 1478-2000 modifiant le règlement  2866-98 !).

 

C’est pour vous dire, si nous étions dans le sérieux, l’organisé, le codifié !

Le décisionnel, façon réglementaire, rien de tel pour rassurer les marchés et disqualifier les éventuels contradicteurs.

 

Qui oserait mettre en doute un rapport conjoint de la Commission et de la Banque Centrale Européenne, conforme à l’article 122 – § 2 – du traité, estampillé au journal officiel de l’Union, L167 du 07/07/2000 ?

 

Au final, nos crânes d’œuf se sont fait enfumer comme le quidam moyen par les joueurs de bonneteau du Boulevard Barbès.

 

Ils n’ont pas vu qu’en Grèce, paye impôts et taxes, qui veut ! C’est-à-dire, pas grand monde ! Il est vrai, qu’eux-mêmes, du fait de leur statut, ne paient pas d’impôt sur le revenu !

Quoi de plus naturel que cela soit généralisé au niveau d’un Etat !

 

Allons, allons ! Nous n’allons pas leur en vouloir pour si peu ! Après tout, les Grecs régleront peut-être leur dette… aux calendes, sans doute !

 

A la semaine prochaine !