CFTC Paris | Savoir aller à l’essentiel
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Savoir aller à l’essentiel

Savoir aller à l’essentiel

Malgré la torpeur de l’été, certains restent vigilants et n’hésitent pas à prendre de salutaires et indispensables initiatives.
C’est le cas du Président de l’Assemblée Nationale, Monsieur Claude Bartolone.
Si gouverner, c’est prévoir… c’est également prendre de courageuses décisions.

Chronique de J. THOUVENEL du 01.09.2015 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c'est bien ! L'écouter, c'est encore mieux !

buste_albert_de_mun.jpgEffectivement, il est regrettable que celle prise récemment par le 4ème personnage de l’Etat soit passée quasi inaperçue.

Bouleversé par le nombre de chômeurs, le poids de la fiscalité et des charges qui pèsent sur notre pays, conscient de la menace terroriste, inquiet du manque de moyens de nos armées dans un monde instable, préoccupé par l’ampleur du déracinement migratoire, Monsieur Bartolone a décidé de remplacer le buste d’ Albert de Mun qui orne la salle des 4 colonnes de l’Assemblée nationale par celui d’Olympe de Gouges.

Qui est cet homme, Albert de Mun, dont le regard de marbre gène tant le Président de l’Assemblée ?

Un parlementaire qui siégea quasi sans discontinuer de 1876 à 1914, un orateur reconnu dont les discours à la chambre ont marqué son époque et bien au-delà, comme cette déclaration devant le Parlement en 1884 :

« Des doctrines nouvelles se sont levées sur le monde, des théories économiques l’ont envahi, qui ont proposé l’accroissement indéfini de la richesse comme but suprême de l’ambition des hommes, et qui, ne tenant compte que de la valeur échangeable des choses, ont méconnu la nature du travail, en l’avilissant au rang d’une marchandise qui se vend et s’achète au plus bas prix ».

Visionnaire, il défendit l’idée d’une législation internationale du travail. Il déposa maintes propositions de lois à caractère social comme :

–    l’interdiction du travail des enfants avant 13 ans.
–    L’instauration du repos dominical.
–    Le congé maternité de 4 semaines, rémunéré pour les femmes enceintes et accouchées.
–    La limitation de la durée quotidienne du travail.
–    La protection des ouvriers contre les conséquences de la maladie et de la vieillesse (est ainsi posé le principe des retraites ouvrières   et paysannes).
–    La suppression du travail de nuit pour les femmes et les enfants.

Albert de Mun tint également à ce que la loi sanctionne le renvoi d’un ouvrier ou le refus de l’embaucher lorsque le motif déclaré est sa qualité de syndiqué.

Il soutint la fixation d’un salaire minimum par la loi, arguant que pour les catholiques sociaux, l’intervention de l’Etat dans ce domaine n’est ni abusive, ni arbitraire.

Nous tenons sans doute là l’explication à l’oukase de Monsieur Bartolone.

Horreur ! Adrien Albert Marie, Comte de Mun, s’affichait comme adversaire du libéralisme, comme du socialisme, prônant une troisième voie inspirée de la doctrine sociale de l’Eglise.

À moins que la seule présence du buste du député de Mun ne soit pour le Président de l’Assemblée comme un miroir permanent et accusateur des abandons et des renoncements de sa majorité, concernant notamment le repos dominical et le congé maternité ?

À la semaine prochaine !