CFTC Paris | Tempête dans le verre d’eau du patronat.
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Tempête dans le verre d’eau du patronat.

Tempête dans le verre d’eau du patronat.


Chronique de J. THOUVENEL du 05.11.2013 sur Radio Notre Dame (100.7)
Lire la chronique, c’est bien ! L’écouter, c’est encore mieux !

 

Tempête dans le verre d’eau patronal. Benoit Hamon, Ministre délégué auprès du Ministre de l’Economie et des Finances, chargé de l’Economie Sociale et Solidaire et de la Consommation. Ouf !

Benoit Hamon, donc, a déposé un projet de loi dont l’un des articles prévoit que les patrons qui veulent vendre leurs entreprises devront en informer au préalable leurs salariés.


Dans un même élan le MEDEF, la CGPME et l’UPA s’offusquent d’une telle mesure. Réaction censée, pragmatique ou réflexe idéologique ? Regardons de plus près :
Cette mesure ne concernera que les entreprises de moins de 50 salariés, puisque le droit d’information existe déjà pour les autres, via les informations obligatoires qui doivent être données aux comités d’entreprises.


D’après les différents experts, selon leur orientation idéologique et leur proximité avec le pouvoir politique ou financier, c’est entre 20 000 et 200 000 emplois qui sont détruits chaque année parce que des entreprises saines mettent la clef sous la porte faute de « repreneurs ».
D’où l’idée défendue par le ministre : « Faciliter la reprise de ces entreprises par les salariés ».
Comment ? En les informant et en créant un nouvel outil, la société coopérative d’amorçage, qui leur permettra de prendre le contrôle de leur entreprise en posant sur la table seulement 30% du capital au lieu de 51% aujourd’hui. Le capital restant étant apporté par des investisseurs institutionnels, comme la Banque publique d’investissement.


Sachant que 75% des entreprises reprises par leurs salariés sont toujours en vie 5 ans après, contre seulement 60% en cas de reprises par un tiers extérieur. La démarche parait censée.
Bien évidemment le chef d’entreprise pourra choisir librement son repreneur, l’offre formulée par les salariés n’ayant aucun caractère prioritaire et étant sans objet s’il s’agit d’une transmission familiale.
Du côté patronal, on soulève un argument principal pour s’opposer au texte : « Le nécessaire secret du projet de cession ». C’est oublier, d’une part que les salariés sont soumis au devoir de confidentialité et, d’autre part, que les salariés sont des personnes, non des objets et qu’il est légitime qu’ils soient au courant des éventuelles évolutions majeures concernant leur entreprise, donc leur avenir.


C’est toute la différence entre la vision sociale chrétienne développée dans le compendium : « l’entreprise ne peut être considérée seulement comme une société de capital  elle est en même temps  une société de personnes » et la vision matérialiste : d’un côté « le capital » de l’autre « la force de travail » comme aurait dit Karl Marx.
Notre patronat serait-il le premier mouvement marxiste de France ?
Cela va faire de la peine au citoyen Mélenchon.

A la semaine prochaine