CFTC Paris | Travail de nuit : Déclaration de Bernard VIVIER pour le groupe CFTC , assemblée plèniere du CES
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Travail de nuit : Déclaration de Bernard VIVIER pour le groupe CFTC , assemblée plèniere du CES

Travail de nuit : Déclaration de Bernard VIVIER pour le groupe CFTC , assemblée plèniere du CES

Le projet d’avis qui est soumis à notre examen est le résultat d’échanges délicats en section, quoique toujours empreints de l’esprit de respect entre personnes qui, en six années de mandat, ont appris à se connaître et à s’estimer.

Disons-le ici sans tarder : le groupe de la CFTC a du mal à se retrouver dans un texte qu’il trouve hésitant et frileux.
Pour la CFTC, la nécessité d’assurer la continuité de l’activité économique, dans un contexte croissant de compétition internationale, est une réalité à prendre en compte. Tout comme doivent être pris en compte les souhaits et attentes de personnel travaillant la nuit, attentes qui ne se ramènent pas seulement à des considérations financières. Nous ne devons pas nier ces réalités.

Mais le constat est là : l’impact sur les conditions de travail et de vie des salariés est très fortement négatif. Pour reprendre le mot de l’un de nos collègues, nous pouvons dire : « le travail de nuit…nuit ».

C’est une évidence de la nature humaine, une question de bon sens, d’équilibre de vie, d’harmonie de la société, de respect de la vie familiale.

Le projet d’avis souligne bien les effets du travail de nuit sur la santé, les déséquilibres du sommeil, de l’alimentation, la perturbation des rythmes circadiens. Sur ce point, le groupe de la CFTC partage nombre de préconisations du projet d’avis.

En revanche, les mesures visant à mieux concilier vie familiale et vie professionnelle apparaissent bien faibles.
Sur ce terrain, il importe d’aider les travailleurs à s’adapter aux exigences du travail de nuit mais, mieux encore, de leur offrir les moyens d’un libre et véritable choix. Le développement des modes de garde en crèche n’est pas pour nous, la seule solution.
L’attention portée à des formules permettant à certains enfants de rester jusqu’à un jour et demi en crèche ne peut pas nous satisfaire. Les crèches « misérabilis » sont-elles assimilables à des consignes de nuit ?

Nous aurions aimé un avis préconisant haut et fort le besoin de repenser la réglementation internationale, en s’appuyant sur les principes solides de l’organisation internationale du travail, plus que sur les normes européennes qui, au nom de l’égalité, ont introduit la régression.

Nous aurions aimé que, loin des craintes et des clichés sur l’aide aux familles, le projet d’avis exprime un soutien efficace au parent actif au foyer, aujourd’hui vrai perdant de la solidarité nationale, tant en termes de revenus que de retraite. Paradoxe sur lequel ironisait hier un universitaire dans un quotidien du matin : « C’est un vrai métier, reconnu comme tel, de s’occuper d’éducation d’enfants, à condition que ce ne soient pas les siens ! »

Nous aurions aimé que, plus qu’une simple possibilité, le projet d’avis préconise comme un droit un aménagement des dispositifs de libre choix ( compléments de libre choix d’activité – CLCA et compléments optionnels de libre choix d’activité – COLCA) pour les rendre accessibles à l’un des parents passant en horaire de nuit.

Nous aurions aimé que soit affirmé le primat de la vie personnelle et familiale – et non la seule conciliation – sur la vie professionnelle, le primat de la vie en société sur les déréglementations du marché du travail.

Le poète disait jadis voyant s’agiter trop tôt sur leur chantier les charpentiers alors que : « A quatre heures du matin, l’été,
 Le sommeil d’amour dure encore.
 Sous les bosquets l’aube évapore
 L’odeur du soir fêté. »
Moins beau que du Rimbaud, nous le disons encore : le travail de nuit…nuit !

Le groupe de la CFTC s’abstiendra de voter le projet d’avis.