CFTC Paris | tribune paru dans « LE MONDE » sur le travail du dimanche
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tribune paru dans « LE MONDE » sur le travail du dimanche

tribune paru dans « LE MONDE » sur le travail du dimanche

La paupérisation de notre économie est une réalité. Pour remédier à cette situation une fausse bonne réponse : travailler le dimanche. Et bien, moi, je regarde ce qui se passe en Europe !

Là où l’économie est la plus compétitive, là où le taux de chômage est le plus bas, qui en enregistre un surplus budgétaire, est un pays où les magasins ferment le samedi à 18h : c’est l’Allemagne.

Là où le travail le dimanche a été ouvert, avec un cadre législatif censé protéger les employés, on dénombre la fermeture de 32 000 entreprises – représentant non moins de 90 000 emplois ! – et on observe une baisse d’au moins 6% des ventes : c’est l’Italie.

Là où l’économie enregistre un déficit public de plus de 6%, un taux de chômage de 8%, un endettement de 1 700 Milliards d’Euros, une inégalité criante entre les citoyens, les commerces sont ouverts tous les jours et même la nuit : c’est l’Angleterre.

Là où on constate une baisse de 7% des ventes de détail, là où le petit commerce a perdu 5.7% d’emploi, alors que l’ouverture des magasins a été grandement libéralisée il y a un an dans l’espoir d’enrayer la crise : c’est l’Espagne.

C’est dans une Europe compétitive, qui accompagne le salarié et non l’emploi, libérée d’un état omniprésent et coûteux, que nous trouverons la réponse au chômage chronique que nous subissons, et non dans une société qui se rapproche chaque jour de l’équation des pays du Tiers monde.

En tant que chrétien-démocrate, je me bats de façon constante contre une société qui se déshumanise sous la pression de l’ultra-libéralisme et des lobbies. Il est nécessaire, pour la pérennité d’une société, pour la santé de ses citoyens et la cohésion sociale, que les personnes aient une journée de repos en commun afin de permettre un véritable équilibre personnel et collectif.

Tout ce débat, cache mal, en réalité, une certaine conception de la société fondée sur le tout économique. Il n’y a plus de place pour la vie de famille, pour la gratuité des moments de repos, pour les moments où l’on se retrouve avec ses enfants pour faire des activités culturelles, sportives, cultuelles ou autres. En fait, on nous dit que seul compte ce qui s’achète et se vend. Et même une seule journée de repos par semaine, commune à toute la société, semble excessive pour cette idéologie inhumaine.

Cela révèle une certaine vision de l’être humain : une simple machine à produire et à consommer. Le message politique des promoteurs du travail le dimanche c’est : Produit, consomme et meure !

Mais moi, je m’y oppose. Ce n’est pas l’homme qui doit être au service de l’économie, mais c’est à l’économie d’offrir un service aux hommes. »